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Et les mistrals gagnants

C’est bête de pleurer en regardant la bande annonce d’un documentaire qui sort au cinéma cette semaine.

J’ai à la fois le désir profond de le voir et la peur d’être submergé par l’émotion que véhicule ce film. La sagesse n’attends pas le nombre des années, et la puissance morale de ces enfants me bouleverse.

Je crois que je vais y aller avec un paquet de kleenex!

 

L’hiver du monde

Je romps plusieurs mois d’un silence que je m’étais imposé avec l’entrée en vigueur du nouveau code déontologie, pour lequel je ne voulais pas faire l’inauguration d’une jurisprudence. Je m’en tiendrais donc à des propos mesurés.

Des populations se meurent sous les bombes des états ou la folie barbare de rebelles fondamentalistes dans un étourdissant silence légèrement perturbé par une indignation feutrée. L’hiver du monde, pour reprendre le titre d’un roman de Ken Folett, s’abattrait-il à nouveau sur nos têtes?

Quelle différence y-a-t-il entre les évènements de Gaza, d’Ukraine, d’Irak, du nord Sahel, d’Egypte et de tous les pays où des populations souffrent?

IL N’Y A AUCUNE DIFFÉRENCE LA CAUSE EST PARTOUT IDENTIQUE.

On peut lire des centaines d’analyses sur les causes des conflits qu’ils soient de courte durée et à l’échelle d’une ville (Sarcelles) ou qu’ils soient à l’échelle d’un pays, d’un continent, du monde même. Ces analyses seront fausses si elle ne prennent pas en compte le moteur même de tous les conflits: LE REFUS DU PARTAGE.

Ce n’est donc pas une question de nationalisme, de religion ou d’histoire, c’est une question d’argent, de pouvoir et de gloire et ceux qui poursuivent ces buts utilisent les notions identitaires, ethniques ou religieuses, pour accroître leurs possessions, leur domination ou satisfaire leur ego.

Pourquoi l’EIIL en Irak veut instaurer un califat moyenâgeux? Parce que les pays arabes disposent de richesses inouïes possédées par une minorité, sans partage. Le replis vers le mythe religieux d’un califat doré où chaque musulman vivait heureux devient le motif qui légitime une violence barbare au détriment des populations chrétiennes ou chiites.

Pourquoi Israël met tout en œuvre pour conserver sa puissance territoriale? Parce qu’un état moderne doit disposer des moyens de son auto suffisance, agraire (donc terre & eau) et énergétique. Pensez-vous que le gouvernement israélien est disposé à partager voir à céder des ressources en eau et des terres? Dans cette zone aride, celui qui contrôle l’eau a le pouvoir.

Croyez-vous qu’il y ait une différence avec le conflit entre l’Ukraine et la Russie? L’approvisionnement en gaz naturel Russe, de toute l’Europe, passe par l’Ukraine, l’enjeu et encore une fois l’argent et le pouvoir.

Croyez-vous que cela soit différent dans les conflits économiques, sociaux, etc ? Non, bien entendu. Le conflit naît d’un refus de partage qui devient refus d’écoute et de négociation et qui dégénère en frustration puis en haine.

Lorsque nous considérons ceci et que nous mesurons à l’aune du partage en vue du bien commun l’expression politique, française ou étrangère nous prenons conscience de ce que nous sommes bien souvent gouvernés non par des personnalités altruistes mais par des hommes et de femmes, qui, dans leur faiblesse, se laissent soumettre aux trois marches du chaos: l’argent, la gloire, le pouvoir.

Et nous? N’avons nous pas quelques ambigüités avec le partage?

Il faut relire avec un sentiment d’urgence Paul Ricoeur et Marcel Hénaff. Cette lutte pour la reconnaissance et l’économie de don est la véritable urgence du siècle et un appel à l’aventure pour l’Homme, c’est à dire les hommes et les femmes d’audace et de don.

Il s’agit d’un passage, celui de l’économie d’échange à l’économie de partage voire à un niveau supra-éthique qui est celui de l’économie de don.

Rien ne meurt, mais tout doit passer par la mort.Il faut mourir pour vivre. Si tout ne nous est pas enlevé, nous ne saurions jamais que tout nous a été donné.
d’après J. Bastaire

 

 

Une rentrée gouvernementale entre anomie et scotomisation

L’actualité de ces dernières semaines était si riche que j’aurais pu rédiger une dizaine de billets sur la rentrée politique dans ces différentes composantes gouvernementales pour arriver finalement à une même conclusion que je pose en titre de ce billet.

Précisons tout de suite la définition du mot « scotomisation« : « La scotomisation (du grec scotos : sombre, obscur) désigne en psychologie un mécanisme de défense par lequel le sujet névrosé nie l’existence  de faits qui ont été vécus mais qui lui sont intolérables.
Il s’agit d’un processus de dénégation qui permet de « ne pas voir » des contenus, images, souvenirs trop angoissants. Il y a constitution d’un véritable scotome psychique sélectif, rétrécissant le champ de conscience réalisant une amnésie bien circonscrite dans le temps. » (Wikipédia)

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Le chrétien, le flic et l’Islam

Ma première rencontre avec l’Islam remonte à mon service militaire. Je faisais alors un « service ville » dans les quartiers nord de Paris et j’aidais plusieurs associations de quartiers à se structurer et à organiser des activités et des camps pour les enfants. Le camp était l’aboutissement du projet pédagogique annuel et tous les enfants voulaient y aller. Au moment de boucler les inscriptions des camps, il y avait une famille musulmane qui m’avait renvoyé l’inscription de leur fils mais pas celle de leur fille qui, pourtant, avait participé à toutes nos activités. J’ai rencontré la famille, le père m’a invité à déjeuné. J’ai donc partagé le repas avec les hommes de la maison qui m’ont expliqué qu’ils ne pouvaient pas envoyer la jeune fille à ce camp, la fille et la femme dans l’Islam étant toujours pupille d’un homme, père ou mari. Peu importe les garanties que je pouvais apporter, je n’étais pas musulman et leur fille resta à Paris pendant que son frère vivait à fond le camp.

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De la violence

Le policier est le premier témoin de la violence dans la société, témoin mais aussi acteur puisqu’il est investit d’un pouvoir coercitif qui caractérise une violence légitime de l’état de droit, telle que théorisée par Max Weber au début du XXe siècle. Cette violence légitime est un monopole d’état utilisé aux seules fins de la justice, du rétablissement de l’ordre public et en cas de guerre. Cette violence légitime se traduit notamment par la réduction des libertés individuelles.

Tout usage de la violence légitime de l’état qui ne poursuivrait pas l’œuvre de justice ou la paix publique dans l’intérêt du peuple conduirait l’état dans une forme de gouvernance autoritaire ou despotique.

Cette vision s’était forgée depuis la révolution française qui inscrivit dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 l’article XII: « La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. »

Depuis que je suis policier je n’ai jamais cessé d’entendre, dans les médias, dans les discours politiques ou encore dans les murmures de la société civile, qu’il faudrait bien faire quelque chose contre cette violence qui ne cesse de croître et qui gangrène notre société.

Alors quoi? Se demande le peuple, l’état est dépositaire et maître d’œuvre d’une violence légitime et il ne s’en sert pas contre ceux qui usent d’une violence qui elle n’est pas légitime?

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