Archives mensuelles : février 2015

Un grand flic

Lorsque la presse évoque « un grand policier » il s’agit ; en général ; d’un chef de service prestigieux (36 quai des orfèvres, office central) ou d’un directeur des services actifs de la police nationale.

Le qualificatif de « grand flic » ou de « grand policier »a-t-il un lien avec la carrière du dit fonctionnaire ou est-ce simplement une tournure de langage ?

Lorsque j’entends le discours du premier ministre (ex ministre de l’intérieur) je ne peux m’empêcher de penser au décalage profond entre la perception qu’ont les hommes politiques d’un « grand flic » et celle qu’en ont les hommes et femmes de terrain.

« Bernard Petit est un grand policier mais quand on exerce cette mission il ne peut y avoir le moindre doute », a déclaré vendredi à Orléans le Premier ministre Manuel Valls.

Il y a deux types de grands flics, ceux qui le sont par le fait du prince et ceux qui le sont par le fait des troupes.

Je suis enthousiasmé par la vague de support des gendarmes pour leur directeur, le général d’armée Denis Favier. Cet homme est soutenu par ses troupes au point tel que le gouvernement, malgré l’affaire Sivens, hésite à le limoger.

Cette affection naturelle pour un homme qui soutient ses troupes présente une contre-mesure tangible, voire un risque réel, face à un pouvoir déterminé à ne pas pas vouloir voir une tête sortir du rang.

L’affaire « Petit » est en ceci caractéristique qu’elle nous montre l’hommage d’un premier ministre, proche des francs maçons (A. Bauer est un proche de M. Valls et une connaissance de B. Petit) et d’un ministre de l’intérieur qui ne cache pas être membre de la franc-maçonnerie vanter les mérites d’un policier mis-en- examen.

Souvenons-nous que le dit policier fut nommé par l’actuel premier ministre (alors qu’il était ministre de l’intérieur) au poste de chef du 36 quai des orfèvres.

Qu’est-ce qui fait d’un homme un « grand flic ? ». Si l’on s’en tient à la norme journalistique, le « Grand flic » est désigné par le pouvoir.

Si l’on se réfère à la base, « le grand flic » est un homme ou une femme qui présente quelques qualités :

  • Il dirige et anime en expliquant les enjeux et en donnant des consignes cohérentes et détaillées, il sait déléguer;
  • Il sollicite l’intelligence de ses collaborateurs et suscite l’expression de propositions;
  • Il s’appuie sur les compétences et a le soucis de valoriser ses collaborateurs en ne s’attribuant pas le mérite de leur travail, il félicite et remercie;
  • Il attend des résultats mais sait analyser les erreurs dont les siennes;
  • Il développe la cohésion et permet l’expression de chacun, il sait écouter;
  • Il exerce son autorité dans le soucis du juste et le respect du droit; il prévient a priori et sanctionne en objectivant sa décision,
  • Il a le soucis des collaborateurs en difficulté ou en souffrance et cherche pour eux le meilleur soutien.

A force de taper sur les grands flics il n’y en a plus, nous héritons de technocrates formatés par la police de la pensée, nous manquons de vrais chefs capables de s’opposer à celle-ci !

Qu’est devenu le baromètre social de la police?

En mai 2014, le directeur général de la police nationale lançait le « baromètre social de la police », un formulaire en ligne comportant une soixantaine de questions pour sonder le moral des troupes.

Nous avons donc reçu un mail nous invitant à répondre à ces questions sous couvert d’anonymat (anonymat relatif car des questions étaient liées à l’âge, au corps, au nombre d’enfants…).

Les questions étaient le plus souvent de type QCM, de mémoire seules deux ou trois questions permettaient de répondre par un texte rédigé.

Certaines questions m’avaient frappé, tant je n’imaginais pas qu’elles fussent posées : Avez-vous envisagé de quitter la police ? Pour le privé ou le public ? Pensez-vous avoir la reconnaissance de votre hiérarchie ?

Ce questionnaire a suscité, je crois, un grand nombre de réponses. En tout cas un grand nombre de policiers de mon service y ont répondu, de manière libre et spontanée. Si l’ensemble des policiers a fait preuve de la même spontanéité j’ai quelques idées de ce que pourrait être la teneur du rapport final.

Dans le corps de sa présentation, le directeur général nous prévient « l’étude fera l’objet d’un rapport qui sera rendu public en janvier 2015 »

Alors voilà, le mois de janvier est passé et moi j’attends le rapport…

L’Esprit du 11 janvier, l’autre visage du terrorisme

« La France c’est l’élément démocratique, la France c’est la République chevillée au corps. La France c’est une liberté farouche. La France c’est la conquête de l’égalité. La France c’est une soif de fraternité. Et la France c’est aussi ce mélange si singulier de dignité, d’insolence, et d’élégance.
Rester fidèle à l’esprit du 11 janvier 2015 c’est donc être habité par ses valeurs. »
Manuel Valls, le 13 janvier 2015

Que ne ferait-on pour faire vivre « l’esprit du 11 janvier » ?

A vu de nez et selon mes premières estimations à la louche, l’esprit du 11 janvier tend jusqu’à présent à pousser un peu plus loin les ressorts du terrorisme intellectuel.

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