Le sur JE de l’expression politique

Dans notre société, l’hyper présence médiatique est le gage de notoriété de l’homo-politicus. Il faut être présent dans les médias pour exister. Pour exister il faut donc s’exprimer sur tous les sujets et principalement ceux qui ont un fort relais médiatique. Depuis le développement de l’internet les relais médiatiques ont changés, il ne s’agit plus seulement d’être présent dans la presse écrite, à la radio où à la télévision mais il faut être visible également sur la toile, dans les réseaux sociaux et faire le « buzz ». Cet impératif qui semble dicter aujourd’hui l’expression publique impose plus que jamais, l’agrégation autour du politique de compétences communicantes, de « community managers ». Le temps de réaction est réduit au strict minimum, car il faut être « dans la place » avant les autres et les réactions se font donc désormais dans l’instantanéité.

Le risque c’est le manque de distance par rapport à l’évènement, la faiblesse de l’analyse dans le discours et finalement la vacuité de l’expression politique.

In fine on peut se poser la question: « L’homo-politicus est-il condamné à la superficialité? »

Nous pouvons facilement dresser quelques tentations évidentes dans cette expression superficielle:

  • La condamnation de principe: Sûrement le degré le moins abouti de l’expression politique, la condamnation ferme et outrée des faits est l’assurance d’un relais médiatique
  • L’accusation sans preuve: « c’est la faute à … » (la crise, l’Europe, au gouvernement, à l’ex-gouvernement, à l’extrême droite, à l’extrême gauche, aux patrons, au capitalisme, au chômage, aux journalistes, à la justice, aux policiers, aux francs-maçons, aux intégristes religieux, …)
  • La solution de circonstance: Décision politique instantanée et souvent irréfléchie entraînant une loi émotionnelle, la mise en place d’un comité Théodule, une enquête parlementaire, ou je ne sais quoi encore.

Devant de telles évidences on ne peut que s’interroger sur les raisons qui poussent les hommes et femmes politiques a poursuivre dans ces mécanismes stéréotypés qui réduisent le champ d’expression politique à la foire d’empoigne.

Personnellement je rêve et j’attends avec impatience une expression politique moins évènementielle, qui sache exprimer les limites objectives de l’action publique, vulgariser les problématiques sans tomber dans la caricature, et proposer, inventer et ouvrir des chemins qui souvent nécessitent plus de temps que celui du mandat dans lequel l’homme politique est fondé à agir.

La grandeur du politique c’est justement d’être capable, dans l’alternance, de reconnaître le juste dans la politique précédente et de ne pas chercher systématiquement à faire table rase du passé. La justesse politique nécessite cette capacité de silence et d’analyse pour ne pas tomber dans l’écueil de l’immédiateté et de la vacuité. L’honneur de la politique c’est de porter, au cœur de l’expression publique, le désir d’une communauté humaine rassemblée autour de valeurs communes.

Indépendamment des clivages sociaux, culturels et religieux qui divisent aujourd’hui la société, il existe des valeurs qui rassemblent toute humanité: le désir de justice, de solidarité et de paix, ce n’est qu’à partir de là que peuvent se forger les fondements de toute politique. Cela implique de mettre fin à tout clientélisme, à tout support communautariste au profit d’une vison globale qui est nationaliste c’est à dire qui englobe toutes les communautés dans un socle de valeurs communes.

Il manque en France d’hommes et de femmes politiques portant cette aspiration au service du bien de la Nation. Si vous, hommes ou femmes engagés dans la politique me lisez sachez que nous vous jugeons non seulement à vos propos mais à vos actes et que dans l’ensemble, ces dernières années ce n’est pas très glorieux! Ne vous accrochez pas à vos fauteuils dorés et faites un peu de place à ceux qui, plus que vous, aspirent à réconcilier une société divisée pour qu’elle advienne moins clivée et plus rassemblée autour de valeurs communes.

Vous avez aimé? partagez-le:

2 réflexions au sujet de « Le sur JE de l’expression politique »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *