Les TRUMPettes de Jéricho

Bon le titre est minable, mais il est expressif, un grand bruit qui fait s’écrouler des murs ! De quoi s’agit-t-il, de l’élection de Donald TRUMP comme 45e président des États Unis.

Pourquoi les murs s’écroulent ? Parce que tout d’un coup une majorité d’américains (car oui Donald Trump a probablement été élu par une minorité de votants) découvre que leur nouveau président n’est pas celui qu’ils ont voulu.

Forcément la présidentielle américaine 2016 était particulière, entre Donald Trump et Hillary Clinton, si il y avait eu une triangulaire avec Marine Le Pen j’aurais probablement voté Marine Le Pen alors que jamais je ne voterai pour elle dans une élection française !

Voilà le cœur du problème, de la question, que s’est-il passé pour que ce mercredi 9 novembre 2016 Donald Trump soit élu 45e président des USA ? Quels sont les enseignements de cette élection pour nous-mêmes et pour les candidats à l’élection présidentielle française ?

Au départ il y a un dysfonctionnement de la démocratie américaine qui empêche l’émergence de candidats en dehors du bipartisme absolu et qui réduit l’expression populaire à l’élection de grands électeurs (538 pour les USA). Ces grands électeurs répartis dans l’ensemble des états américains à la proportion du nombre d’habitants et du nombre de membres au congrès ne sont pas tous élus avec le même nombre de voix. Ainsi le président Trump aura-t-il probablement au final moins de voix des électeurs que son opposante Hillary Clinton… c’est la démocratie américaine !

Le deuxième problème tient au choix du binôme Président/vice-président, car les grands électeurs votent pour un binôme. Là, ce sont les primaires qui vont permettre aux électeurs de faire leur choix, enfin pas tout à fait, car les électeurs votent pour des délégués qui eux-mêmes choisiront le binôme présidentiel à l’occasion de la convention nationale du parti.

Bref il est simple de constater que l’élection présidentielle américaine échappe complètement à l’électeur au profit d’un appareil de parti.

Est-ce bien différent en France ? Certes nous sommes dans un système de démocratie directe, uninominale à deux tours, où les électeurs votent pour des candidats, mais tout le monde ne peut pas être candidat à l’élection présidentielle. Il faut pour être candidat à l’élection présidentielle recueillir 500 parrainages d’élus (maires, députés, sénateurs, conseillers généraux ou régionaux, etc) avoir 18 ans, être inscrit sur les listes électorales, avoir établi une déclaration de situation patrimoniale et posséder un compte bancaire de campagne (ce qui est logique). Combien de personnes en France peuvent donner un parrainage ? Au total c’est environ 47 000 personnes en France qui peuvent apporter leur parrainage à un candidat ; soit un maximum de 47*2 candidats ! Dans la pratique c’est plus compliqué car la grande majorité des élus sont étiquetés (c’est à dire appartiennent à un parti politique) et reçoivent donc de leur parti des consignes de vote afin d’empêcher les candidatures qui gêneraient le candidat officiel du parti. Cela limite de manière rédhibitoire le nombre de candidats et cela oblige les candidats non encartés à une chasse à l’investiture plus qu’incertaine. Pour faire bref cela nous ramène au bipartisme américain, à une France politiquement bipolaire qui ne peut s’affranchir de la gauche ou de la droite. Le mécanisme des primaires, importé d’Amérique, tend à focaliser l’attention des électeurs sur ce schéma (pour ne pas en sortir).

En Amérique comme en France et dans de nombreuses « démocraties » les mécanismes électoraux tendent à réduire la capacité des peuples à pouvoir élire un candidat en dehors d’un système bipolaire.

Ce que nous vivons aujourd’hui au travers de cette élection américaine et dans la perspective de la présidentielle française n’est rien d’autre qu’une crise profonde de nos systèmes pseudo-démocratiques. Le bipartisme a engendré dans tous les pays où ils se pratique un dévoiement du fonctionnement de la vie politique / publique qui tend de plus en plus vers l’affairisme. Le premier symptôme de cette maladie est l’affaiblissement de la justice, seule rempart contre l’affairisme.

On le voit dans les affaires Clinton aux États-Unis et dans les casseroles politiques de nos politiques français. On peut légitimement se demander en tant que citoyen comment il est possible dans une démocratie qu’un secrétaire d’état mis en cause dans une affaire de trafic d’influence avec une puissance étrangère (JM Le Guen) puisse continuer à occuper son poste. On peut légitimement se demander comment un ancien président français soupçonné de financement occulte de sa campagne via la Libye puisse se présenter à la mandature suprême. On peut également s’interroger sur le fait que rien n’empêche des personnes condamnées définitivement de se présenter à l’élection présidentielle ou encore qu’une député sous bracelet électronique soient encore présente à l’assemblée nationale!

Bref, la démocratie est malade, partout dans le monde, pas seulement aux États-Unis ou en France. Elle a été privatisée par des partis politiques qui ne requièrent l’assentiment du peuple qu’une fois tous les 4 ou 5 ans pour ensuite jouir sans entrave d’une République des copains tout au long du mandat.

Si vous voulez changer les choses, diffusez mon précédent billet à l’attention de tous les candidats à la présidentielle, de tous les français, afin qu’ils apportent des réponses construites aux problèmes de fonctionnement de notre démocratie, de notre État, de nos institutions.

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