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L’occidental et la salafiste quiétiste [Partie 3] – L’unicité de Dieu (at-Tawhid)

(les liens des billets de mon contradicteur sont dans les commentaires du billet précédent)

Dans cette troisième partie nous entrons dans une dimension très importante du clivage entre l’islam et le christianisme dont les répercussions planétaires sont innombrables et souvent dramatiques : la question de l’unicité de Dieu.

Pour les musulmans cette question est primordiale, c’est à dire qu’elle tient la première place : l’unicité de Dieu (tawhid) : Dieu est unique et sans associé ou encore il n’y a qu’un seul Dieu.

Le corollaire de ce dogme c’est que tout ce qui serait contraire à la stricte unicité de Dieu constitue un péché extrêmement grave (shirk) qui consiste à associer d’autres dieux ou d’autres êtres à Dieu.

Le Coran est extrêmement ferme aux sujets des associateurs, prenons quelques versets à ce sujet :

Sourate 4 (Post-Hégire, sourate Médinoise)

-verset 48 : «  Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelqu’associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. »

Sourate 5 (Post-Hégire, sourate Médinoise)

– verset 72 : « Quiconque associe à Allah (d’autres divinités) Allah lui interdit le Paradis; et son refuge sera le Feu. Et pour les injustes, pas de secoureurs ! »

-verset 73 : « Et s’ils ne cessent de le dire (d’être associateur), certes, un châtiment douloureux touchera les mécréants d’entre eux ».

verset 77 : « Dis : « ô gens du Livre, n’exagérez pas en votre religion, s’opposant à la vérité. Ne suivez pas les passions des gens qui se sont égarés avant cela, qui ont égaré beaucoup de monde et qui se sont égarés du chemin droit ».

Sourate 8 (Post-Hégire, sourate Médinoise)

-verset 39 : « Et combattez-les (les mécréants) jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah ». [Ce verset du sabre est très important car il est abrogeant pour de nombreux versets antérieurs]

Sourate 9 (Post-Hégire, sourate Médinoise)

-verset 1 : « Désaveu de la part d’Allah et de Son messager à l’égard des associateurs avec qui vous avez conclu un pacte ».

-verset 3 : « Et proclamation aux gens, de la part d’Allah et de Son messager, au jour du Grand Pèlerinage, qu’Allah et Son messager, désavouent les associateurs. Si vous vous repentez, ce sera mieux pour vous. Mais si vous vous détournez, sachez que vous ne réduirez pas Allah à l’impuissance. Et annonce un châtiment douloureux à ceux qui ne croient pas ».

-verset 4 : « A l’exception des associateurs avec lesquels vous avez conclu un pacte, puis ils ne vous ont manqué en rien, et n’ont soutenu personne (à lutter) contre vous : respectez pleinement le pacte conclu avec eux jusqu’au terme convenu. Allah aime les pieux ».

-verset 5 : « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre ». [Ce verset du sabre est très important car il est abrogeant pour de nombreux versets antérieurs]

verset 14 : « Combattez-les. Allah, par vos mains, les châtiera, les couvrira d’ignominie, vous donnera la victoire sur eux ».

Nous voyons à la lecture de ces versets, qui ne sont pas exhaustifs de tous les versets qui évoquent l’association, que la sentence est claire pour qui commet le Shirk, l’association.

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L’occidental et la salafiste quiétiste (partie 2) – La voie du juste milieu

Je remercie mon contradicteur d’avoir commencé à répondre en plusieurs billets à mon précédent article. Avant de les lire je vous invite à une petite introduction à la rhétorique salafiste que ces billets illustrent en partie.

Le salafiste fait partie de la « communauté du juste milieu », al wassitiya qui trouve son origine d’une part dans le Coran « ALLAH a fait de vous une communauté de juste milieu… », [sôurat Al-Baqarah (S2) / 143]. selon les versions les plus courantes. On trouve également d’autres traductions : « une communauté de justes » (Hamidullah); « une communauté située entre les deux extrêmes » (Khawam). Partant de Jr 51:39, Sawma traduit: « une nation forte ». On lit dans la Bible Ez 5:5: « C’est Jérusalem que j’ai placée au milieu des nations ». Ce verset est important car il montre que, comme les juifs se considèrent le peuple élu (Cf. Dt 14:1-2; Ex 19:5-6), les musulmans font de même (« Vous êtes la meilleure communauté » S3v110).

Le second point qui marque l’importance de ce sujet est la profession de foi islamique de cheikh al islam ibn taymiyya (1263 – 1328), le mentor des salafistes : « al aqida al wassitiya »

Cette notion de « communauté du juste milieu » est donc l’épicentre de la pensée salafiste. Elle occupe l’essentiel de leurs préoccupations tant sur le plan de la foi que du comportement et de la jurisprudence.

C’est cette voie (le juste milieu) qui est le point de comparaison entre les groupes musulmans (ce qui ne m’intéresse guère si vous avez lu mon article précédent) mais aussi entre les religions et systèmes politiques.

C’est là que le sujet devient intéressant et que la rhétorique islamiste mérite d’être étudiée, car considérer l’islam comme la voie juste par rapport aux autres religions ou même par rapport à la démocratie implique d’argumenter en quoi les points de clivages que je nommais dans mon précédent billet (peine de mort pour l’apostasie, le blasphème, l’homosexualité ou l’adultère, autorisation de l’esclavage ou du mariage avec des filles prépubères, etc…) sont justes et prépondérant sur les autres systèmes de valeur ou les autres religions.

Ce qui nous intéresse c’est de voir et si possible de comprendre par quels mécanismes intellectuels et théologiques les musulmans orthodoxes affirment la « juste » primauté de certaines peines prévues par la charî’a sur la déclaration des droits de l’homme et du citoyen par exemple, ou encore sur le rejet de la violence des Évangiles.

Voilà l’interrogation fondamentale de l’occidental (chrétien ou non) face à l’islam traditionaliste aujourd’hui.

Revenons-en aux billets de mon contradicteur, la première considération est que pour un billet assez court, j’ai 6 billets en réponse ! C’est la réponse Tsunami ! Est-ce que ces billets répondent aux critiques formulées ? Je vous laisse juge.

Le fait est que aucun des points de clivage dont j’ai fait mention dans mon article n’est lui même explicitement mentionné dans les réponses. A défaut de précision nous avons un catalogue de citations… Soit, prenons-en notre parti et voyons ce qu’elles nous enseignement !

On notera également que les réponses, à l’exception du premier billet, ne sont pas une expression personnelle argumentée selon un plan, mais une sorte de décharge d’éléments éparses…

Bref lançons-nous dans la lecture de ces 6 billets

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Islam : la réforme est dans l’impasse du dogme

Que ce soit du côté juif ou chrétien, il y avait jusqu’au jusqu’au XVIIe siècle, grosso-modo, une certitude quant à l’authenticité de l’origine mosaïque du Pentateuque (les 5 premiers livres de la Bible chrétienne qui constituent également la Torah juive). Cela conférait au texte une dignité et un caractère irréprochable sur le plan historique et sur la dimension anthropocentrique de l’univers (cf. Galilée)

L’exégèse historico-critique a permis de mettre en évidence l’origine anachronique de ces cinq livres par rapport aux autres livres de la tradition hébraïque (livres historiques, livres poétiques et livres prophétiques) et leur rédaction tardive. Ce travail a eu pour effet de resituer la portée du texte : un ouvrage mythique et symbolique « inspiré » par Dieu.

Dans le cas du Coran, l’exégèse historico-critique est impossible  au sein même de l’Islam, mais des exégètes hors islam travaillent sur le texte coranique dans la limite de l’accès aux sources permises par les pays musulmans où elles sont détenues. Cette impossibilité tient au dogme que le Coran pose sur lui même : « En vérité c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardien. » (Coran 15,9). Le Coran est la parole de Dieu, incréée et protégée par Lui : il est d’origine divine et n’a donc pas pu être falsifié ni altéré.

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La louange onction de l’Esprit Saint

Entrez dans la louange, recevez l’Esprit Saint

Je poursuis ma méditation sur la foi, après les deux billets précédents, ici et, qui ont vu leur lectorat croître significativement grâce à un « retweet » de Koztoujours, qu’il en soit vivement remercié.

Dans ces billets j’essayais de mettre en relief l’eucharistie comme lieu de rencontre et d’échange avec le Fils et le sacrement de pénitence et de réconciliation comme relation intime avec le Père. Il serait réducteur de limiter les possibilités de rencontre du Père et du Fils à ces seuls sacrements, mais elles sont dans ces sacrements, signes efficaces de la parole prononcée, une réalité tangible vécue dans la foi qui nous porte à la joie et à la louange.
Ce qui est bien avec l’eucharistie et avec le sacrement de réconciliation c’est que l’on peut y revenir souvent, et donc vivre cette intimité tangible au Père et au Fils à une fréquence régulière.
Du coup je me demande quel est le sacrement auquel je peux revenir avec la même fréquence et qui soit le lieu de cette rencontre avec l’Esprit Saint ?
En effet, le sacrement de baptême, celui de la confirmation du mariage ou de l’ordination sont donnés une fois pour toute. Voilà l’objet de cette nouvelle méditation:

La louange ne serait-elle pas le « sacrement* » où se vit la rencontre avec l’Esprit Saint ?

* au sens de signe efficace

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L’essentiel de l’essentiel

Hier le compte twitter du Pape, @pontifex_fr, nous exhortait au partage de notre foi:

En cette Année de la foi, rappelons-nous que la foi n’est pas notre propriété, mais qu’elle doit être partagée. Tout chrétien est un apôtre

— Pape François (@Pontifex_fr) July 18, 2013

C’est dans cette optique que je voudrais tenter de m’inscrire en commençant par un billet sur la foi en forme d’hommage au Père jésuite François Varillon.

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