Archives de catégorie : Politique

Articles sur les sujets de politique

Tariq Ramadan: je suis Zola et Dreyfus

Tariq Ramadan « J’accuse… et je prends date »

C’est la bonne blague du jour, Tariq Ramadan la joue Zola et se prend pour Dreyfus : il est la victime et le défenseur, posture qui lui sied si bien et lui permet de vendre ses bouquins.

Il s’agite Tariq, lui qui court les plateaux télés et les studios de radios, il s’agite contre les médias, les politiques et les intellectuels français qui l’accusent injustement et inlassablement de tenir un « double discours » alors que lui ne cherche qu’à « montrer, théoriquement autant que pratiquement, que l’on peut être tout à la fois pleinement musulman et occidental et que, au-delà de nos différences apparentes, nous partageons beaucoup de valeurs à partir desquelles le «vivre ensemble» est possible dans nos sociétés pluralistes, multiculturelles, et où coexistent plusieurs religions. »

Tariq c’est l’héritage des lumières au cœur même de l’Islam et il se désole que les journalistes, les politiques et les intellectuels français ne le reconnaissent pas.

En fait Tariq Ramadan c’est la parfaite illustration d’un Islam politique fondé sur « al-wassatiyyah » à la sauce Qaradawi, ce n’est pas un Islam progressiste mais traditionnel qui prétend être réformiste parce qu’il autorise une « contextualisation » de la lecture coranique (par les savants accrédités de la wassatiyyah).

Contextualisation n’est pas réforme, et l’effort que Tariq Ramadan déploie pour le faire croire est le principe même de la Taqiya. Ce pseudo Ijtihad n’est ni moderniste ni réformateur, il ne vise qu’à endormir l’occident en faisant miroiter un possible amendement des « hudud » qui rendrait la charia plus spirituelle et moins juridique et donc plus acceptable par la pensée occidentale.

Toutefois l’amendement de la charia ne semble pas éclore dans l’esprit éclairé des savants de l’Islam ce qui ne fait qu’accroître la vacuité du discours de Tariq Ramadan.

En fait la seule chose qui mérite notre indignation à l’égard des médias, des politiques et des intellectuels français c’est qu’ils invitent et discutent avec Tariq Ramadan

L’inadaptation de la lutte anti-terroriste

Avant c’était presque simple, on luttait contre des organisations terroristes, c’était l’affaire d’offices centraux et de parquets spécialisés… mais ça c’était avant. Une organisation c’est une pyramide avec des décideurs, des messagers, des intermédiaires, des fournisseurs de moyens, des passeurs, etc… Quelle que soit le niveau de l’organisation c’est un ensemble cohérent sur le plan social et technique. Le travail de la lutte anti-terroriste consistait jusqu’à présent à identifier des membres de ces organisations, à les suivre, à les écouter pour identifier les exécutant et les cibles et, dans la mesure du possible, contrarier leur projet avant sa mise à exécution.

Aujourd’hui le terrorisme islamique c’est un ou deux gars, qui naviguent sous les radars de l’anti-terrorisme, et qui partent un beau matin mourir en moudjahid en s’attaquant à l’arme automatique contre une poignée de cibles au caractère symbolique. Si les enquêtes montrent, a posteriori, un niveau élevé de préparation (achat des armes, choix des cibles, reconnaissance des lieux, etc), on est plus dans une action de type « braquage » que dans une action de grande envergure comme les attentas du 11 septembre 2001. Cette évolution méthodologique, qui ne différencie pas Anders Behring Breivik, Mohamed Merah, ou les frères Kouachi témoigne de l’inadaptation actuelle du dispositif de lutte anti-terroriste français et européen.

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Le déclin du courage

C’est le titre de publication d’un discours « prophétique » prononcé par Alexandre Soljenitsyne à la sortie de promo de Harvard en 1978. Loin de faire l’éloge du pays qui l’accueillait il se lançait dans une critique singulière des sociétés occidentales. 37 ans plus tard ce discours n’a rien perdu de sa fraîcheur (extrait).

A l’heure où nous vivons un profond conflit de cultures et de civilisations entre l’islam radical et l’occident « croisé », à l’heure où la société occidentale se divise sur des questions d’éthiques (mariage pour tous, PMA, GPA, euthanasie, recherche sur les cellules souches, etc) et sur la place de l’homme dans l’économie mondial, ce texte est une profonde inspiration.

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L’islam, la sharia et la démocratie française

L’affirmation selon laquelle l’Islam est compatible avec la démocratie est péremptoire dans la mesure où, elle affirme une chose sans l’expliquer.

La première critique que nous pouvons opposer à cette affirmation tient au manque de qualification de l’Islam. Qu’est-ce que l’Islam ?

Nous voyons, chaque fois qu’un attentat est réalisé au nom de l’Islam, une grande majorité d’hommes et de femmes politiques affirmer que ce n’est pas l’Islam, de son côté la communauté musulmane est divisée à ce sujet et les affirmations sont moins catégoriques ou plus nuancées que dans la classe politique française.

En voulant poursuivre l’élan républicain des rassemblements post attentat, en voulant réaffirmer l’indivisibilité de la communauté nationale et d’une laïcité respectueuse de toutes les sensibilités religieuses on finit par dire n’importe quoi.

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Arrêtons de ne pas faire d’amalgame

Ah cette grisante, harmonieuse et consensuelle République réunie dans sa plus pure tradition compassionnelle portant haut et fièrement la vision irénique d’un peuple multiculturel ressoudé, chaleureux, ouvert et surtout debout.

Que de belles images pour nos futurs manuels scolaires ! Pendant 5 jours l’unité nationale retrouvée, toute parée de liberté, de fraternité et d’égalité a défié la barbarie des terroristes en se préservant « d’amalgamer » tout un pan de sa communauté nationale.

Mais tandis que les yeux sont encore humides de l’émotion soulevée par cet élan national, alors que la France solidaire court encore à la recherche du N°1178 de Charlie Hebdo et que les policiers et gendarmes se remettent à peine des applaudissements qui leurs furent adressés, voilà que déjà, l’idylle nationale est menacée. Honnis soient ces pisse-froids, ces rabat-joie, ces briseurs de rêve qui refusent d’être Charlie et qui amalgament Islamisme et terrorisme.

Je caricature un peu, c’est dans l’air du temps, mais quand même ça me chatouille un brin ce déni du réel véhiculé par l’émotionnel. Pour tout dire ça m’énerve.

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L’hiver du monde

Je romps plusieurs mois d’un silence que je m’étais imposé avec l’entrée en vigueur du nouveau code déontologie, pour lequel je ne voulais pas faire l’inauguration d’une jurisprudence. Je m’en tiendrais donc à des propos mesurés.

Des populations se meurent sous les bombes des états ou la folie barbare de rebelles fondamentalistes dans un étourdissant silence légèrement perturbé par une indignation feutrée. L’hiver du monde, pour reprendre le titre d’un roman de Ken Folett, s’abattrait-il à nouveau sur nos têtes?

Quelle différence y-a-t-il entre les évènements de Gaza, d’Ukraine, d’Irak, du nord Sahel, d’Egypte et de tous les pays où des populations souffrent?

IL N’Y A AUCUNE DIFFÉRENCE LA CAUSE EST PARTOUT IDENTIQUE.

On peut lire des centaines d’analyses sur les causes des conflits qu’ils soient de courte durée et à l’échelle d’une ville (Sarcelles) ou qu’ils soient à l’échelle d’un pays, d’un continent, du monde même. Ces analyses seront fausses si elle ne prennent pas en compte le moteur même de tous les conflits: LE REFUS DU PARTAGE.

Ce n’est donc pas une question de nationalisme, de religion ou d’histoire, c’est une question d’argent, de pouvoir et de gloire et ceux qui poursuivent ces buts utilisent les notions identitaires, ethniques ou religieuses, pour accroître leurs possessions, leur domination ou satisfaire leur ego.

Pourquoi l’EIIL en Irak veut instaurer un califat moyenâgeux? Parce que les pays arabes disposent de richesses inouïes possédées par une minorité, sans partage. Le replis vers le mythe religieux d’un califat doré où chaque musulman vivait heureux devient le motif qui légitime une violence barbare au détriment des populations chrétiennes ou chiites.

Pourquoi Israël met tout en œuvre pour conserver sa puissance territoriale? Parce qu’un état moderne doit disposer des moyens de son auto suffisance, agraire (donc terre & eau) et énergétique. Pensez-vous que le gouvernement israélien est disposé à partager voir à céder des ressources en eau et des terres? Dans cette zone aride, celui qui contrôle l’eau a le pouvoir.

Croyez-vous qu’il y ait une différence avec le conflit entre l’Ukraine et la Russie? L’approvisionnement en gaz naturel Russe, de toute l’Europe, passe par l’Ukraine, l’enjeu et encore une fois l’argent et le pouvoir.

Croyez-vous que cela soit différent dans les conflits économiques, sociaux, etc ? Non, bien entendu. Le conflit naît d’un refus de partage qui devient refus d’écoute et de négociation et qui dégénère en frustration puis en haine.

Lorsque nous considérons ceci et que nous mesurons à l’aune du partage en vue du bien commun l’expression politique, française ou étrangère nous prenons conscience de ce que nous sommes bien souvent gouvernés non par des personnalités altruistes mais par des hommes et de femmes, qui, dans leur faiblesse, se laissent soumettre aux trois marches du chaos: l’argent, la gloire, le pouvoir.

Et nous? N’avons nous pas quelques ambigüités avec le partage?

Il faut relire avec un sentiment d’urgence Paul Ricoeur et Marcel Hénaff. Cette lutte pour la reconnaissance et l’économie de don est la véritable urgence du siècle et un appel à l’aventure pour l’Homme, c’est à dire les hommes et les femmes d’audace et de don.

Il s’agit d’un passage, celui de l’économie d’échange à l’économie de partage voire à un niveau supra-éthique qui est celui de l’économie de don.

Rien ne meurt, mais tout doit passer par la mort.Il faut mourir pour vivre. Si tout ne nous est pas enlevé, nous ne saurions jamais que tout nous a été donné.
d’après J. Bastaire

 

 

Salafisme et djihadistes

Entre les exactions des rebelles syriens à Maaloula, l’attaque au Kenya du centre commercial WestGate ou le double attentat suicide dans une église de Peshawar au Pakistan, la semaine passée a tristement martelé l’horreur du terrorisme islamique d’inspiration majoritairement salafiste. Si l’essentiel des djihadistes se réclame du salafisme, la majorité des salafistes ne cautionne pas ces actions, en sont-ils pour autant moins dangereux?

L’objectif de ce billet est d’éclairer un peu les non initiés sur la nébuleuse salafiste, de mettre en exergue le trouble jeu des pays occidentaux avec les sponsors de ces activistes et terroristes (quand ils ne sont pas eux-mêmes en sous main les dispendieux donateurs) et enfin de tirer une conclusion personnelle (il va y avoir de la chasse aux trolls sur le fil des commentaires).

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Les statistiques de la délinquance

Le marronnier médiatique des statistiques de la délinquance est increvable. Cette semaine, publication de chiffres par le journal Le Figaro et contestation de ceux-ci par le ministre de l’intérieur puis confirmation par Le Figaro.

Du coup je vous propose une petite présentation des statistiques de la délinquance, de la récolte des chiffres à leur publication et un état des lieux des critiques qu’elles soulèvent. J’y ajouterai quelques considérations personnelles (qui n’engagent bien sûr que moi).

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Une rentrée gouvernementale entre anomie et scotomisation

L’actualité de ces dernières semaines était si riche que j’aurais pu rédiger une dizaine de billets sur la rentrée politique dans ces différentes composantes gouvernementales pour arriver finalement à une même conclusion que je pose en titre de ce billet.

Précisons tout de suite la définition du mot « scotomisation« : « La scotomisation (du grec scotos : sombre, obscur) désigne en psychologie un mécanisme de défense par lequel le sujet névrosé nie l’existence  de faits qui ont été vécus mais qui lui sont intolérables.
Il s’agit d’un processus de dénégation qui permet de « ne pas voir » des contenus, images, souvenirs trop angoissants. Il y a constitution d’un véritable scotome psychique sélectif, rétrécissant le champ de conscience réalisant une amnésie bien circonscrite dans le temps. » (Wikipédia)

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Police 2025

Je rentre de vacances et je découvre avec un temps de retard la perle de prospective du ministère de l’intérieur. 4 pages de novlangue sans aucune proposition concrète, de la pure com sans fond: « la police 3.0 bla bla bla bla » Bon j’ai envie d’aider un peu alors je vais mettre la main à la pâte, peut-être que dans mon audience de 300 visiteurs (uniques) par mois il y a quelqu’un qui connaît quelqu’un, qui connaît … connaît quelqu’un place Beauvau.

Si on veut parler sérieusement de prospective il faut, avant de regarder le futur, se souvenir de ce que nous avons été capable et incapable de faire sur la même période dans le passé, donc depuis 2000/2001.  Ensuite, seulement, nous pouvons commencer à réfléchir de façon posée sur les enjeux d’avenir dont la partie marginale est technologique.

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