Un sujet d’actualité: la prison

On parle souvent de détention dans les médias, particulièrement ces derniers temps, soit pour en évoquer les conditions (surpopulation, insalubrité, manque de personnels) soit les évasions (R. Faïd) et encore aujourd’hui je voyais passer un graphique montrant que la durée moyenne de la détention avait augmenté depuis 2008.

Dans la suite de mon billet d’hier ou je parlais de la justice, du pardon et de la paix, je déplore que la prison ne soit dans son acceptation principale qu’un lieu d’exclusion de la société. La prison française est déplorable et elle le restera tant qu’en France nous continuerons de réduire les personnes à leurs actes (voir DSK, Cahuzac, Guéant etc) En France dès qu’une personne franchit la ligne rouge l’hallali des bien-pensants retentit comme ceux d’une vierge effarouchée. La sentence est irrévocable et elle conduit au ban de la société.

Le système pénitentiaire français à encore besoin de trouver sa vocation profonde qui n’est pas tant d’exclure une personne de la société que de lui permettre d’y retourner. Le fait est qu’aujourd’hui encore tout concoure à rendre cette réinsertion difficile voire impossible, parce que tout homme qui sort de prison reste dans notre société un ex-détenu. L’homme réduit à ses actes passés.

Seul le pardon, dans une acceptation qui est non seulement le refus de la vengeance mais aussi la reconnaissance qu’une personne vaut plus que ses actes, relève l’homme et l’autorise à repartir et à espérer une vie normale après l’œuvre de justice qui l’a sanctionné.

La lecture du jour proposée par l’église catholique nous invite à méditer l’emprisonnement de deux disciples, Paul et Silas (Ac 16, 22-34).

Ils sont jetés en prison, les pieds entravés, ils prient et louent et la terre tremble, les fondations de la prison sont secouées et toutes les portes s’ouvrent, toutes les entraves sautent, tous les détenus sont libérés.
Il ne s’agit pas ici de savoir si l’emprisonnement est juste ou non, la prison peut être vue ici de manière figurative. Tout homme est prisonnier de lui-même, tout homme fait obstacle à sa propre liberté. Il est étonnant de voir à quel point notre société aspire à la liberté tout en refusant de reconnaître que nous lui faisons intérieurement obstacle.
Dis-moi ce dont tu ne peux te passer je te dirai ce qui fais de toi un prisonnier.

Être libre au fond c’est suivre le chemin qui nous désappropie de nos besoins, de nos attentes, de nos rêves d’argent, de gloire ou de pouvoir pour faire de nous, intérieurement, des pauvres.

C’est quand je suis pauvre de moi-même qu’alors je suis libre. Être chrétien c’est croire en plus que c’est Dieu qui nous rend libre, sa miséricorde passe dans nos emprisonnements.

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