Pour qui voter? Lisez le programme justice!

Le bouillonnement médiatico-politique autour de l’affaire Fillon est à la fois une source d’inquiétude importante et une espérance tout à fait nouvelle.

Sur l’inquiétude, chacun comprend le risque de repli populiste de l’électorat, c’est évident qu’il y aura un impact sur les résultats du premier tour. Mais il serait injuste de ne mesurer le risque qu’à l’aune de l’enjeu politique, car dans cette affaire le trouble rôle des médias et des donneurs d’ordre financiers est tout aussi inquiétant. Alors qu’une grande partie de la classe politique aurait pu subir le même acharnement médiatique que François Fillon, c’est bien le candidat à la présidentielle des républicains qui a fait l’objet d’une attaque téléguidée jusque dans la fourniture des pièces de justice aux journalistes du Monde (bizarrement les mêmes journalistes qui fréquentent assidument l’Elysée), au mépris des règles juridiques, morales et éthiques.

Il y a donc un vrai drame éthique et moral en France, pas seulement dans la classe politique mais également dans les professions médiatiques et dans le monde des affaires. Le constat est ancien est c’est très timidement voir péniblement (lorsque les parlementaires, comme M. Fillon, s’y opposent) que nos institutions mettent en place des dispositifs de régulation.

On ne peut que saluer la mise en œuvre en 2012 d’une charte de déontologie du gouvernement, mais nous voyons cinq ans plus tard que certains de ceux qui y étaient assujettis ont visiblement oublié cet engagement moral et éthique.

On ne peut que saluer l’émergence (je choisis le terme avec discernement compte tenu du nombre d’articles du texte) d’un code de déontologie de l’assemblée nationale (6 articles) mais il semble que nombre des députés ignorent encore les notions de probité et d’exemplarité.

On ne peut que saluer la création d’un comité de déontologie au Sénat et on soulignera avec intérêt les efforts conduits pour rappeler aux impétrants leurs devoirs. Cela porte du fruit semble-t-il!

On attend encore la charte ou le code de déontologie de l’élu local voir de l’élu départemental ou régional, mais ne désespérons pas cela finira par avenir.

Enfin on ne peut que saluer la charte d’éthique des professionnels du journalisme publiée par le SNJ en 2011.

Si vous rassemblez la totalité de ces principes moraux des édiles et journalistes dans un seul document, vous verrez qu’il sera de taille inférieure au code de déontologie de la police et de la gendarmerie nationale!

Charte ou code de déontologie, quelle est leur valeur juridique propre à côté d’une loi simple ou d’un texte constitutionnel? Il serait peut-être temps de faire rentrer la France, le pays des droits de l’homme et du citoyen, dans l’ère de la transparence de la politique et des affaires que certains de nos voisins nordiques inaugurent.

Nous verrons dans les débats à venir les propositions des candidats sur la moralisation de la vie publique et la séparation stricte entre l’exécutif, le législatif et le monde des affaires et nous mesurerons leur volonté réelle de séparer et de sanctionner clairement ceux qui mélangent les intérêts publics et privés.

L’espérance nouvelle naîtra des propositions qui seront faites au cours de la campagne, j’espère qu’elles iront dans le sens de celles que j’avais écrites en octobre dernier.

En tout état de cause, l’ennemi premier de l’affairisme, de l’abus de bien social, du détournement de fonds publics, des fraudes fiscales, des évasions fiscales et de toutes les travers abusifs connus des personnalités publiques c’est la justice. C’est donc en lisant attentivement les programmes des candidats sur ce sujet (moyens mais aussi indépendance) que nous pourrons nous forger une opinion pragmatique sur l’avenir de l’éthique et de la morale en politique!

En ce qui me concerne, je fais le choix de ne plus donner ma voix d’électeur par défaut.

Si au premier ou au second tour de la présidentielle aucun des candidats ne rassemble les engagements minimaux d’éthique, de morale, de fonctionnement et d’indépendance de la justice, je voterai blanc. C’est pour moi la seule solution qui oblige à la purge du système actuel!

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